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Costa Rica : le libre-échange avec les États-Unis menacé par un scandale

Écrit par LatinReporters.com
15.10.2007
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  • Un partisan du "oui" au Traité de libre commerce(Staff: YURI CORTEZ / 2007 AFP)

Le vice-président Casas recommandait notamment d’assimiler les adversaires du traité à des alliés du Cubain Fidel Castro, du Vénézuélien Hugo Chavez et du Nicaraguayen Daniel Ortega, trois présidents antiaméricains perçus par leurs opposants comme des dictateurs effectifs ou potentiels.

Plus de 2,6 millions d’électeurs, pour une population globale de 4,2 millions de Costaricains, seront appelés à répondre oui ou non à la question «Approuvez-vous le Traité de libre commerce (TLC) République dominicaine, Centramérique / Etats-Unis ?».

Ce TLC est connu aussi sous l’appellation CAFTA (Central American Free Trade Agreement). Il régit le libre-échange entre, d’une part, les Etats-Unis et, d’autre part, la République dominicaine et 5 pays d’Amérique centrale (Costa Rica, Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua). Seul le Costa Rica, pays le plus développé de cette région, ne l’a pas encore ratifié.

Le débat sur cette ratification a déjà été l’enjeu central des élections générales du 5 février 2006. Libre-échangiste convaincu et donc partisan du TLC, le social-démocrate Oscar Arias, prix Nobel de la Paix 1987, a retrouvé l’an dernier avec 40,9 % des suffrages le fauteuil présidentiel qu’il avait occupé de 1986 à 1990.

Mais son Parti de libération nationale (PLN, membre de l’Internationale socialiste) n’a obtenu que 25 des 57 députés de l’Assemblée législative (Parlement monocaméral), soit un nombre insuffisant pour assurer la ratification parlementaire.

Opposition

Oscar Arias a devancé lors de ses élections de peu l’un de ses anciens ministres, Otton Solis (39,8 %), dissident du PLN et fondateur du Parti d’action citoyenne (PAC), devenu la 2e force parlementaire avec 17 députés. Otton Solis veut renégocier le Traité de libre commerce. Selon lui, le TLC ouvrirait la voie à la privatisation de monopoles publics (banques, assurances, électricité, télécommunications) et ferait la part trop belle aux exportations agricoles subventionnées des Etats-Unis.

Depuis son intronisation (8 mai 2006), le président Arias est donc quasi monopolisé par la ratification du traité. Les manifestations des opposants au TLC secouent en outre désormais le Costa Rica, longtemps si paisible qu’on l’appelait, vu aussi sa relative prospérité, la Suisse de l’Amérique centrale.

Dans ce contexte alourdi par une guérilla juridique parlementaire et malgré la possibilité théorique de bénéficier de l’appui d’élus de droite, le chef de l’Etat a opté pour le référendum. Résoudre dans un sens ou l’autre le problème posé par le TLC est d’autant plus nécessaire que le blocage actuel paralyse d’autres initiatives, notamment la réforme fiscale et celle sur les concessions.

La gaffe

Pour le référendum du 7 octobre, les résultats d’un sondage de la société Unimer diffusés le 24 septembre attribuent 49 % au oui à la ratification du TLC, contre 46 % au non. Compte tenu des marges d’erreur, cette évaluation frôle le match nul virtuel. Mais en août, le oui écrasait le non par 56 % des intentions de vote contre 36 %.

Cette remontée spectaculaire du non s’explique par les révélations de l’hebdomadaire Semanario Universidad. Il a publié le texte d’un mémorandum envoyé le 29 juillet dernier au président Arias par le vice-président Kevin Casas et le député du PLN Fernando Sanchez.

Emettant des recommandations pour mener la campagne référendaire en faveur du oui au TLC, MM. Casas et Sanchez prônent dans le document «une campagne de la peur» qui soulignerait les conséquences négatives d’une victoire du non. Ils suggèrent de présenter les adversaires de la ratification comme étant liés à Fidel Castro, Hugo Chavez et Daniel Ortega. Le mémorandum propose aussi de faire pression sur des maires en les menaçant de réduire leurs ressources budgétaires si le traité n’est pas plébiscité par la majorité de leurs administrés.

Le tollé national soulevé par les révélations de Semanario Universidad a conduit Kevin Casas à démissionner de la vice-présidence du Costa Rica et du poste de ministre de la Planification qu’il assumait aussi. Le député Fernando Sanchez a renoncé, lui, à la présidence de deux commissions parlementaires.

Le Tribunal suprême électoral juge contraires à la loi les recommandations polémiques de MM. Casas et Sanchez. Il a ouvert une enquête pour déterminer si elles ont été mises en oeuvre. Semanario Universidad affirme que «le mémorandum a été appliqué point par point». Le président Oscar Arias le nie, prononçant avec force le mot «jamais».

 

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