« Assassinat politique » : dans le fief de Marine Le Pen, des électeurs écœurés d’être privés de leur championne

Par Epoch Times avec AFP
31 mars 2025 17:40 Mis à jour: 1 avril 2025 06:57

« Assassinat politique », « exécution », « magouilles » d’Emmanuel Macron : de nombreux électeurs croisés lundi à Hénin-Beaumont, fief de Marine Le Pen, s’indignent de sa condamnation à une peine d’inéligibilité immédiate, une décision jugée politique qui risque de les priver de leur championne pour 2027.

« C’est honteux ! Ils l’ont démolie, c’est fait pour faire barrage », bouillonne Jacqueline Bossuyt. Cette frêle dame de 78 ans aux cheveux courts, habitante d’Hénin-Beaumont, dans une circonscription où Marine Le Pen est députée depuis 2017, assure que « les gens vont se révolter, ça peut pas rester comme ça ».

« S’il faut, même à pied, à cheval, en voiture, je vais à Paris ! », menace la septuagénaire, qui monte dans sa voiture pour se rendre à la mairie, tenue depuis 2014 par un proche de Marine Le Pen, Steeve Briois. « Il n’y a plus de justice en France », fulmine-t-elle.

Comme elle, nombre de personnes rencontrées dans cette commune de l’ancien bassin minier expriment le sentiment d’être privées de leur candidate pour la présidentielle de 2027 pour des raisons purement politiques, après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, dans le procès des assistants parlementaires européens.

Dans cette 11e circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen a été réélue députée le 30 juin 2024, pour la première fois dès le premier tour, avec 58% des voix. À Hénin-Beaumont, elle avait enregistré l’un de ses plus hauts scores lors de la présidentielle de 2022, avec 67% des voix au second tour.

« Qu’elle ne puisse pas être élue je ne suis pas d’accord avec ça »

« Je ne vais pas savoir pour qui voter », résume Audrey, qui dit avoir « voté pour elle à chaque fois ». Cette femme de 39 ans trouve l’élue, qui vient régulièrement prendre des bains de foule à Hénin-Beaumont, « proche de nous ».

Chez Audrey comme chez d’autres électeurs rencontrés transparait l’incompréhension qu’on « lui refuse son accès à la présidentielle » alors que d’autres élus auraient commis pareil ou pire sans subir le même sort.

« Qu’elle soit condamnée, c’est normal, si elle a fait quelque chose, mais qu’elle ne puisse pas être élue je ne suis pas d’accord avec ça », ajoute Laurent, selon qui un remboursement des sommes détournées aurait suffi.

Pour Marc Mahieu, retraité de 63 ans, « c’est un assassinat politique. Tout ça, magouillé par le roi Macron, comme d’habitude ». « Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’on était 11 millions ; la prochaine élection, on sera peut-être 14, 15, 16 millions à voter, parce qu’ils en ont marre, les gens », lance le retraité.

« Une exécution tout court »

Un avis partagé par le maire RN d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, également suppléant de Mme Le Pen à l’Assemblée nationale, selon qui ce n’est pas « une exécution provisoire, mais c’est une exécution tout court ».

« Ils voulaient à tout prix se faire Marine Le Pen pour pouvoir l’empêcher d’être candidate » à la présidentielle, affirme-il, allant jusqu’à dénoncer « une dictature des juges ».

« C’est vachement nul, parce que moi, j’aurais aimé Marine Le Pen comme présidente. Je pense qu’elle aurait fait beaucoup pour nous tous », confie Stacy Taquet, 28 ans, en recherche d’emploi, assise sur le perron de l’église.

  « Ça fait combien d’années qu’elle se bat pour nous ? »

Pour 2027, certains citent spontanément le président du Rassemblement national Jordan Bardella comme candidat alternatif, d’autres envisagent de voter blanc ou de s’abstenir. « Nous ne sommes pas orphelins, parce que dans le parti, il n’y a pas que Marine Le Pen, il y a beaucoup de monde qui gravite autour d’elle », souligne Corinne, retraitée de 77 ans.

« Bardella, j’espère qu’il sera là. Mais bon, on aurait préféré que ce soit Marine Le Pen quand même, ça fait combien d’années qu’elle se bat pour nous ? », lance Karine Groulez, aide-soignante de 56 ans. C’est en tant que conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais que Marine Le Pen a obtenu son premier mandat politique en 1998.

« Quand on fait une faute, on paie »

Quelques passants, plus rares, comme Isabelle, 54 ans, estiment important que la cheffe de file du RN « assume ses actes ». « Quand on fait une faute, on paie. Ce n’est pas parce que c’est Marine Le Pen qu’elle ne doit pas payer ».

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