« Gilets jaunes » : le procureur de Paris assure que des policiers seront jugés pour violences

Par afp
30 mai 2019 21:12 Mis à jour: 12 juillet 2019 20:58

Le procureur de Paris Rémy Heitz assure que des policiers mis en cause pour des violences lors de manifestations de « gilets jaunes » seront renvoyés devant la justice, une façon de « jeter en pâture » les forces de l’ordre selon le syndicat Alliance.  

Dans un entretien au Parisien mis en ligne jeudi, le procureur est revenu sur les six mois de mobilisation des « gilets jaunes » marqués par des critiques contre son parquet, tant pour sa gestion des gardes à vue des manifestants que pour sa frilosité supposée à poursuivre des membres des forces de l’ordre accusés de violences.

« Je veux être très clair : il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder ces violences ou de les minimiser », a-t-il tranché.

Depuis le début du mouvement le 17 novembre, 2 448 personnes ont été blessées côté manifestants et 1 797 parmi les forces de l’ordre, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur arrêtés au 13 mai.

Selon le procureur de Paris, 171 enquêtes ont été confiées à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et trois à l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Les investigations sont désormais terminées pour 57 d’entre elles et le parquet doit décider d’éventuelles suites judiciaires.

Huit ont d’ores et déjà « justifié l’ouverture d’une information judiciaire », confiées à des juges d’instruction, a-t-il annoncé. Des procédures qui concernent des faits revêtant une qualification délictuelle mais aussi criminelle, selon une source judiciaire.

Le procureur a notamment évoqué les faits liés à l’une des figures des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, qui a perdu un œil le 26 janvier, ou encore ceux commis dans un restaurant Burger King le 1er décembre. « Plusieurs dossiers ont trait à l’usage de lanceurs de balle de défense (LBD) », a-t-il détaillé, ajoutant qu’à l’heure actuelle « aucun policier ou gendarme n’a été mis en examen ».

Quant aux autres dossiers sous l’autorité du parquet, le successeur de François Molins assure qu’ils seront analysés « avec beaucoup d’attention ». « Il y aura des classements sans suite » et « aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d’ici la fin de l’année ».

S’il estime que « la République doit une reconnaissance toute particulière » aux forces de l’ordre, M. Heitz a cependant assuré que « la justice passera dans ces affaires, comme dans toutes les autres ».

Côté manifestants, depuis le début du mouvement, le procureur a recensé 2 907 gardes à vue. Elles ont abouti à des classements sans suite dans 44,8 % des cas tandis que 1 357 personnes ont été déférées, dont 515 jugées en comparution immédiate.

En outre, les investigations se poursuivent dans 30 dossiers confiés à la police judiciaire. « Il s’agit des cas les plus graves et complexes : les agressions de forces de l’ordre, les pillages d’enseignes de luxe ou le saccage de l’Arc de Triomphe… », ou de dossiers pour lesquels il existe « un travail important à mener sur la vidéo », comme « l’attaque des magasins Givenchy et Dior » le 24 novembre, a ajouté M. Heitz.

Interrogé également sur sa circulaire controversée appelant à ne lever les gardes à vue qu’après les manifestations, le procureur a confié avoir « mal vécu cette mise en cause ». « Il n’a jamais été question de maintenir en garde à vue quelqu’un en l’absence d’infraction », s’est-il défendu.

D. S avec AFP

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.