La bioéconomie indienne a connu une croissance massive au cours de la dernière décennie, passant de seulement 10 milliards de dollars en 2014 à 165,7 milliards de dollars en 2024.
Ces progrès rapides témoignent de la volonté du pays d’utiliser la biotechnologie à des fins économiques et environnementales.
Récemment, la bioéconomie a contribué à plus de 4 % du PIB de l’Inde et connaît une croissance annuelle forte de 17,9 %.
D’ici à 2030, le secteur devrait atteindre 300 milliards de dollars, confirmant ainsi son rôle de moteur de l’économie indienne fondée sur la connaissance.
Le secteur bioénergétique indien, qui réduit sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, joue un rôle majeur dans cette transformation. Le mélange d’éthanol dans l’essence est passé de 1,53 % en 2014 à 15 % en 2024, l’objectif étant d’atteindre 20 % d’ici 2025.
Ce changement a déjà permis de réduire les importations de pétrole brut, d’économiser des milliards en devises étrangères et de réduire les émissions de carbone.
Les agriculteurs et les distillateurs en profitent également, car les communautés rurales bénéficient d’un soutien financier important.
L’adoption de raffineries d’éthanol avancées, qui transforment les déchets agricoles en carburant, contribue également à réduire la pollution et à promouvoir la durabilité.
Les énergies renouvelables au cœur du boom économique
Parallèlement à la promotion de la bioéconomie, l’Inde est en train de devenir un acteur clé sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Contrairement au boom industriel chinois du début des années 2000, marqué par une forte consommation d’énergie, l’Inde se concentre sur la fabrication de produits à forte valeur ajoutée et sur les énergies renouvelables. Ce changement pourrait aider le pays à s’orienter plus rapidement vers un avenir moins pollué par le carbone.
« L’histoire de la croissance de l’Inde présente des similitudes avec l’expansion rapide de la Chine, mais des différences cruciales la distinguent », a déclaré Yanting Zhou, économiste en chef chez Wood Mackenzie.
« Alors que la demande en énergie va augmenter, le secteur industriel indien est moins énergivore, et le pays est mieux placé pour adopter des technologies efficaces et à faible teneur en carbone que la Chine dans les années 2000. »
D’ici 2033, l’économie indienne devrait presque tripler pour atteindre 9000 milliards de dollars.
La demande de charbon devrait doubler, tandis que celle de pétrole et d’électricité augmentera fortement. Toutefois, les analystes estiment que cette évolution ne causera pas de chocs majeurs sur les prix au niveau mondial, comme l’a fait l’essor de la Chine.
Le marché pétrolier devrait absorber la demande croissante de l’Inde, ce qui n’entraînera qu’une légère augmentation des prix du brut.
« Si l’Inde parvient à répéter la stratégie adoptée par la Chine après 2010, qui consiste à investir dans des chaînes d’approvisionnement à faible émission de carbone pour l’énergie solaire, l’énergie éolienne, les véhicules électriques et les minéraux essentiels, la hausse des émissions prévue au début des années 2030 sera temporaire », a déclaré Roshna Nazar, analyste de recherche chez Wood Mackenzie.
L’Inde devra encore importer du charbon et du gaz naturel liquéfié (GNL), mais les tendances de l’offre mondiale suggèrent que les prix du gaz resteront probablement stables.
Au cours de la prochaine décennie, l’Inde devrait investir 600 milliards de dollars dans le développement de son secteur énergétique. Les entreprises impliquées dans la production d’énergie, l’expansion du réseau et les énergies renouvelables auront donc de grandes opportunités à saisir.
« Outre l’augmentation des importations, une croissance plus forte nécessitera des investissements importants dans la production nationale d’énergie, le raffinage du pétrole, la fabrication d’acier et les chaînes d’approvisionnement à faible émission de carbone », a expliqué M. Zhou.
Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?
Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.