« L’anomalie magnétique de l’Atlantique Sud » continue de s’agrandir, le phénomène intrigue les chercheurs

Par Robin Lefebvre
31 mars 2025 18:45 Mis à jour: 31 mars 2025 18:45

Une zone de faible intensité magnétique, appelée « Anomalie de l’Atlantique Sud », attire l’attention de la NASA depuis des années. Cette faiblesse de la magnétosphère à cet endroit, encore peu comprise, expose davantage les satellites et les systèmes de navigation aux particules solaires, et perturbe les missions spatiales.

Une étrange anomalie dans le champ magnétique terrestre surveillée de près par la NASA. Une vaste région de faible intensité magnétique, appelée « Anomalie de l’Atlantique Sud » (AAS), attire l’attention des chercheurs depuis bien longtemps. En effet, ce phénomène, qui touche la région du Brésil et de l’Atlantique Sud, peut avoir quelques répercussions fâcheuses.

La faiblesse du champ magnétique dans cette région, qui expose les satellites et les systèmes de navigation aux particules émises par le Soleil, peut provoquer des défaillances dans les composants électroniques et les systèmes embarqués, et peut entraîner des pannes fréquentes, voire l’arrêt des équipements. Il arrive ainsi que les opérateurs de satellites se voient contraints d’éteindre les systèmes avant d’entrer dans la zone de l’anomalie.

À noter que L’ISS, qui fait le tour de la planète à basse altitude, est particulièrement vulnérable aux rayonnements solaires. Le passage de la station spatiale dans cette zone n’est donc jamais une mince affaire. Même s’ils ne produisent en général que de petits dysfonctionnements des satellites, ces impacts aléatoires de particules peuvent représenter un risque de perte de données, voire causer des dommages permanents aux composants clés.

Plusieurs études récentes ont confirmé que cette anomalie se divisait progressivement en deux zones distinctes, un phénomène observé dès 2020. Déjà, une étude dirigée par l’héliophysicienne Ashley Greeley en 2016 mettait en évidence le fait que l’AAS dérivait, ce qui a été confirmé par des recherches entreprises en 2021. Par ailleurs, selon le rapport annuel 2023 du World Magnetic Model (WMM), il y a eu une diminution de l’intensité du champ magnétique au niveau de la surface de l’AAS en 2023.

Depuis 1970, l’anomalie a toujours continué à s’agrandir, tout en se déplaçant vers l’ouest à une vitesse de 20 kilomètres par an, rapporte Numérama. « Même si l’AAS évolue lentement, elle subit des changements dans sa morphologie, il est donc crucial de continuer à l’observer », résume Terry Sabaka, géophysicien à la NASA, cité par ScienceAlert. Un effort essentiel pour tenter de prédire ses impacts futurs sur la technologie spatiale.

L’activité du manteau terrestre en cause ?

En plein cœur de l’océan Indien, on trouve une autre anomalie intrigante : un « trou de gravité » gigantesque. Bien connue des géologues, cette étrangeté est nommée « dépression du géoïde de l’océan Indien » (IOGL en anglais). Sur cette zone de 3 millions de kilomètres carrés, les forces gravitationnelles sont plus faibles que n’importe où ailleurs sur Terre.

Selon de récentes recherches, son origine serait due à une activité anormale du manteau terrestre. Pour faire court, elle résulterait du plongeon d’une plaque continentale sous l’Afrique, qui serait venue perturber les « Grandes provinces de faible vitesse sismique » (pour Large Low Seismic Velocity Provinces, ou LLSVP), à la frontière entre le noyau et le manteau terrestre.

Rappelons que le champ magnétique terrestre trouve son origine au centre de la Terre. Si son noyau interne reste solide, le noyau externe est pour sa part fluide. Il est composé de fer en fusion en convection. Et cette matière liquide en mouvement influence directement le champ magnétique terrestre, rappelle Géo.

Ces LLSVP perturberaient elles-mêmes le champ magnétique terrestre, entraînant une faiblesse notable de celui-ci. Cette faiblesse du champ est particulièrement notable en Amérique du Sud, où se trouve l’AAS.

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