Le président allemand dissout le parlement, des élections législatives anticipées sont fixées au 23 février

27 décembre 2024 13:59 Mis à jour: 27 décembre 2024 13:59

L’Allemagne est officiellement entrée en période électorale vendredi avec la décision du président Frank-Walter Steinmeier de dissoudre le parlement et de fixer les élections législatives anticipées au 23 février, dans un contexte de crise économique.

Cette campagne de deux mois, anticipée de sept mois par rapport à la date initialement prévue, est la conséquence de l’implosion de la coalition gouvernementale du chancelier social-démocrate Olaf Scholz.

Les conservateurs de la CDU menés par Friedrich Merz sont donnés nettement gagnants, avec 32% des intentions de vote, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD, 19%), le SPD (15%) et les Verts (13%), selon une moyenne pondérée des sondages à la date de vendredi. Au vu de l’état actuel des forces, un futur gouvernement mené par les conservateurs, en coalition avec le SPD comme allié, constitue le scénario le plus probable.

En attendant la formation de ce futur gouvernement, M. Steinmeier a rappelé que la démocratie allemande fonctionnait « même en période de transition ». Gouvernement et parlement restent opérationnels jusqu’à ce qu’un nouveau Bundestag soit formé. Mais faute de majorité, l’exécutif ne peut pas décider de nouveaux projets sans le soutien de l’opposition.

Formée par le SPD, les Verts et les libéraux du FDP, l’alliance au pouvoir depuis la fin 2021 avait volé en éclats le 6 novembre avec le limogeage par Olaf Scholz du ministre des Finances libéral. Motif : des différends devenus insurmontables sur la politique économique et budgétaire. Sans majorité parlementaire depuis, le chancelier avait posé la question de confiance au Bundestag mi-décembre dans le but de la perdre et de lancer la procédure officielle pour des élections anticipées, dont M. Steinmeier a confirmé la date vendredi.

Une « situation économique incertaine »

Cet événement rare s’inscrit dans la grave crise que traverse la première économie européenne, autrefois modèle de stabilité politique, au moment même où son partenaire privilégié dans l’UE, la France, est également affaiblie par l’absence d’une majorité parlementaire. « En particulier dans les moments difficiles comme maintenant, la stabilité nécessite un gouvernement efficace et des majorités fiables au parlement », a souligné Frank-Walter Steinmeier lors de son allocution. Selon le chef d’État, le scrutin anticipé doit permettre de parvenir aux « meilleures solutions aux défis de notre temps », en tête desquels « la situation économique incertaine ».

Menacée d’une deuxième récession annuelle d’affilée, l’Allemagne fait face à une remise en cause de son modèle industriel et s’inquiète des répercussions pour ses exportations de l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Le chancelier allemand Olaf Scholz à la Chancellerie à Berlin. (ODD ANDERSEN/AFP via Getty Images)

prône un assouplissement des règles d’endettement pour faire des investissements afin de relancer l’économie, quand l’opposition conservatrice plaide pour un maintien du frein à la dette, mécanisme ancré dans la Constitution.

Parmi les autres préoccupations majeures pour l’Allemagne, M. Steinmeier a cité « les guerres au Proche-Orient et en Ukraine » ainsi que les « questions de contrôle de l’immigration et de l’intégration, et du changement climatique ».

Une ingérence extérieure

L’AfD a réaffirmé le lien qu’elle établit entre immigration et sécurité après l’attaque à la voiture-bélier sur le marché de Noël de Magdebourg, vendredi 20 décembre, qui a fait cinq morts et plus de 200 blessés. Après cette attaque imputée à un réfugié saoudien de 50 ans, l’AfD a organisé une manifestation sur place, demandant de « fermer les frontières » face aux « fous furieux venus de tous les pays ».

Sous pression, le gouvernement a promis une enquête rapide et minutieuse pour clarifier d’éventuelles erreurs des autorités dans la prévention de l’attaque. Et Olaf Scholz a appelé les Allemands à « se serrer les coudes ». « La haine et la violence ne doivent pas avoir leur place dans cette campagne électorale », a exhorté M. Steinmeier, formant le voeu qu’elle soit « menée avec des moyens justes et transparents ».

Le garant des institutions a pointé du doigt « l’influence extérieure » sans nommer la Russie, régulièrement accusée d’orchestrer des campagnes de désinformation pour défendre des candidats qui lui seraient favorables en Europe. Il a explicitement visé la plateforme X, où cette ingérence s’exprime selon lui « de manière ouverte » et « particulièrement intense ».

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.