LONDRES : Winston Churchill était-il raciste ?

Par CAROL GOULD

LONDRES – Les mots me manquent pour décrire adéquatement le tollé que j’ai provoqué lorsque, plus tôt cette année, j’ai annoncé à un professeur britannique d’études des médias que nous ne serions pas ici sans le Premier ministre britannique Winston Churchill.

Ce soir-là, j’avais assisté à un documentaire réalisé par Ai Wei Wei à la British Academy of Film and Television Arts ou BAFTA (Académie britannique des arts de la télévision et du cinéma). Après la projection, mon poste fut envahi par les élèves de ce professeur d’études des médias (appelons-le Jai).

Ai Wei Wei Capture d’une vidéo sur Clearharmony

Tout se passait sans accrocs alors que nous discutions de la liberté artistique et de la démocratie. Puis j’ai révélé que le film acclamé de cette année, Les heures sombres, avec Gary Oldman dans le rôle de Winston Churchill, m’avait fait réaliser que ce chef de guerre indomptable avait sauvé la Grande-Bretagne, l’Europe et le monde d’un « Reich nazi de mille ans » meurtrier.

Jai s’est lancé dans une forte tirade contre moi, affirmant que ses parents bengalis pouvaient m’apprendre une chose ou deux sur Winston Churchill le « raciste ». Il a ajouté que Franklin Roosevelt, président des États-Unis en temps de guerre, et W. Churchill étaient « les deux pires racistes à avoir habité cette planète au cours des 500 dernières années ».

Franklin Roosevelt, président des États-Unis

Je dois admettre qu’à ce moment-là, je n’avais encore jamais entendu cette théorie. Je vis peut-être dans une bulle, mais mon expérience de vie incluait la croyance que la Seconde Guerre mondiale aurait pris fin avec l’ascension du Reich et de l’Empire japonais. En effet, en 1943, l’architecte allemand de la « Solution finale », Adolf Eichmann disposait d’un plan pour chaque Juif vivant sur la planète Terre, soit un total de 14 millions, tous destinés à être exterminés. Inutile de dire que des millions d’autres auraient aussi été réduits en esclavage ou exécutés.

Jai ne décolérait pas contre moi alors que je contestais ses vues sur Winston Churchill. Il m’a dit que le dirigeant britannique avait été responsable de bien plus de famine et de « génocide » que tout autre dirigeant. En faisant montre d’une grande ardeur je continuai à lui rappeler que 20 millions de Russes avaient péri dans l’ignoble guerre perpétrée par Hitler, alors qu’il a suggéré que je vénérais évidemment « le pire raciste du monde de ces derniers temps ».

Ses élèves le regardaient avec adoration, souriant et hochant la tête alors qu’il leur rappelait qu’aucune personne de couleur ne pouvait qu’avoir du mépris pour W. Churchill. À mon tour, je leur ai proposé que le monde libre avait été béni par ces deux brillants dirigeants, F.D. Roosevelt et W. Churchill, sans lesquels le monde serait descendu dans un âge sombre de carnage inconcevable.

La haine de Churchill

Ce mouvement visant à discréditer Churchill a atteint son paroxysme en octobre lorsque l’ambassadeur américain pour la paix, l’astronaute Scott Kelly, a cité W. Churchill dans un tweet mais a été aussitôt bombardé par un tsunami de haine. Un utilisateur de Twitter a dit : « Avec tout le respect que je vous dois, Winston Churchill est aussi bon qu’Hitler. » L’astronaute Kelly s’est ensuite excusé et a répondu qu’il ferait des recherches sur la malfaisance du dirigeant britannique.

Oui, il est vrai qu’en octobre 1942 un typhon catastrophique a frappé l’Inde et qu’en mai 1943, dans ce qui est aujourd’hui le Bangladesh inférieur, la récolte de riz a été décimée. Au même moment, le Japon avait envahi la Birmanie, principal fournisseur de riz importé par l’Inde. L’Inde, qui fait toujours partie de l’Empire britannique, était en proie à des troubles politiques internes, et la catastrophe qui a suivi est imputée par certains à W. Churchill, qui avait ordonné de maintenir les importations de riz vers la Grande-Bretagne. Son gouvernement avait également réprimé le mouvement Quit India (littéralement « Quittez l’Inde »), car le Japon était à la porte de l’Inde, prêt à l’envahir.

Au pire, les historiens rapportent qu’il a exaspéré le secrétaire d’État à l’Inde Leo Amery par son intransigeance face à la crise humanitaire en cours.

L’International Churchill Society écrit : « Comme la plupart des Anglais de sa génération, Churchill avait des opinions sur les Indiens et d’autres non-blancs qui sont loin de la pensée qui sévit actuellement », mais ajoute : « Le ministère du Bengale, en majorité musulman, n’a rien fait alors que plusieurs de ses membres hindous faisaient d’énormes profits dans le commerce du riz. L’ampleur de ce qui se passait n’a attiré l’attention de Londres et de W. Churchill que trop tard. »

Au cours de la dernière décennie, des statues de Churchill ont souvent été vandalisées, surtout dans sa circonscription parlementaire de Woodford Green et au Parliament Square de Londres. Plus tôt cette année, un nouveau café, Blighty UK à Finsbury Park, Londres, a été contraint par des manifestants anti-Churchill d’enlever sa grande peinture murale du chef de guerre.

Chaque fois qu’on nettoyait les dommages, les vandales défilaient et griffonnaient « SCUM » (salaud) et « IMPERIALIST » sur la peinture murale, et les propriétaires ont fini par céder et l’ont enlevée. Il est intéressant de noter que le siège du café a incité des Britanniques de partout à venir soutenir l’entreprise, mais malheureusement, les propriétaires ne voulaient pas prendre le risque de restaurer à nouveau la fresque de Winston Churchill de cette façon.

Cette année, l’écrivain britannique Afua Hirsch, dont la mère est ghanéenne et le père d’origine juive, a eu une discussion animée avec l’animateur de télévision Piers Morgan sur le racisme du passé de la nation. Considérant que selon une opération humanitaire menée par la Grande-Bretagne dans le « Kindertransport », 10 000 enfants juifs ont été accueillis par des familles britanniques en temps de guerre, je suis attristée qu’on puisse y mettre un tour négatif. Il convient de noter qu’en 1920, W. Churchill écrivait à propos des Juifs : « Nul homme réfléchi ne peut douter du fait qu’ils sont sans conteste la race la plus formidable et la plus remarquable qui ait jamais existé dans le monde. »

Dans une autre émission de télévision, Kehinde Andrews, professeur d’études sur les Noirs à l’Université de Birmingham City, a condamné W. Churchill et qualifié la Grande-Bretagne de nation « fondée sur le racisme ». Je dois dire que je trouve que ces accusations frisent le ridicule car dans un cycle de 24 heures, les émissions télévisuelles et radiophoniques britanniques sont souvent animées par une majorité de journalistes de couleur, tant dans les sports qu’à la météo, en passant par les finances et les nouvelles.

Comme les lecteurs d’Epoch Times le savent, ma citation préférée vient de Jules César de Wiliam Shakespeare. Je vais l’appliquer ici à Winston Churchill : « Le mal que les hommes font vie après eux ; le bien est souvent enterré avec leurs os. » Moi, une « non-Aryenne », je suis en vie grâce à lui, et pour moi cela fait de lui un héros pour l’éternité.

Née à Philadelphie, Carol Gould est une commentatrice politique de la BBC TV et de LBC Radio basée au Royaume-Uni. Elle est l’auteure de Don’t Tread on Me : Anti-Americanism Abroad et Spitfire Girls.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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